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Il existe, dans le sport, des instants où tout semble parfaitement s'accorder. Des moments où le geste paraît naturel, presque instinctif, comme si l'athlète et sa discipline ne faisaient plus qu'un. En équitation, cette harmonie prend une dimension particulière : celle d'une relation construite au fil du temps entre le cheval et son cavalier.

Par un matin brumeux dans le Gloucestershire, Tom McEwen nous accueille dans ses écuries pour nous parler de ce lien unique. Médaillé olympique britannique et ambassadeur Le Chameau, il revient sur les années de travail, de confiance et de compréhension mutuelle nécessaires pour former un véritable partenariat avec ses chevaux. L'occasion également de découvrir le quotidien d'un cavalier évoluant au plus haut niveau de son sport.

Notre rencontre nous conduit à Gatcombe Park, où Tom entraîne ses chevaux. Au cœur d'un paysage emblématique de la campagne britannique, les collines verdoyantes, les prairies et les chemins cavaliers composent un terrain d'entraînement exceptionnel.

Depuis sa fondation en 1927, Le Chameau entretient un lien étroit avec l'univers équestre. Nos bottes accompagnent depuis près d'un siècle les cavaliers professionnels comme les passionnés, tous animés par le même attachement au cheval, à la nature et à la vie au grand air.

Bienvenue à Gatcombe Park. Nous avons ici 17 chevaux : 1 cheval de saut d’obstacles et 16 chevaux de concours complet en compétition. Gatcombe est un lieu à part dans le monde du concours complet. De grands noms de la discipline y ont été basés au fil des années, notamment Son Altesse Royale la Princesse Anne, le capitaine Mark Phillips et Zara Tindall. Ensemble, ils y ont préparé de nombreux succès aux Jeux olympiques, aux Championnats du monde, aux Championnats d'Europe, ainsi qu'à Badminton et Burghley. Dans le milieu, Gatcombe est souvent considéré comme l'un des hauts lieux du concours complet.

Pour l'entraînement, les conditions sont idéales. Les chevaux disposent de grandes grandes surfaces de prairies, ce qui est essentiel pour leur préparation physique. Ils peuvent sortir, travailler dans de bonnes conditions et évoluer dans un environnement calme et naturel. C'est un cadre qui leur convient parfaitement, mais aussi un endroit où il fait tout simplement bon vivre au quotidien.

Ce n’est pas toujours facile d’expliquer le concours complet à quelqu’un qui ne vient pas du monde du cheval. J’aime souvent le présenter comme une sorte de triathlon équestre. C’est une discipline unique à bien des égards : hommes et femmes y concourent à égalité, et c’est aussi le seul sport olympique qui se pratique en partenariat avec un animal. C’est d’ailleurs ce qui le rend si particulier. La relation que l’on construit avec son cheval est au cœur de tout.

La compétition se déroule en trois phases. La première est le dressage, qui met en valeur l’élégance, la précision et l’harmonie entre le cheval et son cavalier. Il s'agit d'exécuter une reprise imposée, en recherchant la plus grande fluidité possible dans chaque mouvement et chaque transition. On pourrait presque le comparer à la gymnastique par l'exigence de précision qu'il requiert. Vient ensuite le cross-country, une épreuve d'endurance qui se dispute sur un parcours pouvant durer entre 8 et 12 minutes. C'est un véritable test de condition physique, mais aussi de gestion de l'effort et d'adaptation tout au long du parcours. Enfin, le dernier jour, place au saut d'obstacles. Cette ultime phase permet de vérifier que le cheval a conservé toute sa fraîcheur et sa concentration après les efforts précédents. Le cavalier doit faire preuve de finesse dans son équitation, tandis que le cheval doit rester à la fois détendu, attentif et réactif. Donc, oui, c’est véritablement un triathlon équestre pour les cavaliers et leurs chevaux.

L'équipe commence généralement vers 7 heures du matin et termine aux alentours de 17 heures. De mon côté, je suis à cheval à partir de 7 h 30, parfois un peu plus tôt ou un peu plus tard selon les échéances du moment. Chaque cheval suit bien sûr son propre programme. Certains préparent une compétition le week-end, d'autres sont dans une phase différente de leur saison. Une grande partie de notre travail consiste à planifier l'année et à adapter l'entraînement aux besoins de chaque cheval. Lors d'une journée classique, je monte entre six et dix chevaux. En ce moment, beaucoup sont engagés en concours ; ils bénéficient donc de quelques jours plus calmes à leur retour. À l'inverse, lorsque nous préparons une échéance importante, le rythme s'intensifie et davantage de chevaux sont travaillés. Au final, il n'y a pas vraiment deux journées identiques. Les écuries sont en activité permanente, avec un rythme soutenu mais jamais précipité. C'est ce qui rend ce métier aussi varié qu'intéressant.

Tom McEwen porte les bottes Chasseur, coloris Vert Iconique, doublées cuir, dans les écuries de Gatcombe Park.

Pour moi, la meilleure façon de l'expliquer est de penser aux plus grands sportifs. Quand on regarde Messi ou Federer, tout semble simple. Les gestes sont fluides, naturels, presque poétiques. Pourtant, derrière cette apparente facilité se cachent des années de travail et une maîtrise exceptionnelle.
En concours complet, c'est exactement la même chose. Lorsque vous assistez à une épreuve prestigieuse comme le Badminton Horse Trials et que vous voyez un cavalier et son cheval évoluer avec aisance sur le parcours, au point de donner l'impression que tout est facile, c’est tout simplement le fruit du temps passé ensemble. La communication devient presque invisible. Le cavalier n’a plus besoin de tout demander ; cheval et cavalier se comprennent naturellement.
Sur un parcours, nous enchaînons des obstacles imposants, des changements de direction rapides et des sauts à grande vitesse. Dans ces moments-là, tout repose sur la confiance et la compréhension mutuelle. C'est un échange permanent. Le cavalier guide son cheval, tout en restant attentif à ce que celui-ci lui exprime.
Chaque mouvement compte. Une légère modification de l'équilibre, une indication dans les rênes, un déplacement du poids du corps : le cheval perçoit ces signaux instantanément et adapte sa façon de se déplacer. À l’approche de l’obstacle, le cheval s’organise, se rééquilibre et se prépare à l’effort. Tout cela se joue en quelques secondes et repose sur une communication extrêmement fine.
Mais cette relation n'est jamais à sens unique. Les chevaux ont leur propre caractère, leurs préférences et parfois leurs propres idées sur la manière d'aborder une situation. C'est ce qui rend ce partenariat si particulier. Le rôle du cavalier est d'apprendre à connaître chaque cheval, de comprendre sa personnalité autant que ses qualités sportives.
Certains s'épanouissent dans l'atmosphère des grands rendez-vous, au contact du public et de l'effervescence de la compétition. D'autres, plus jeunes ou plus sensibles, ont besoin de temps pour prendre confiance dans ce type d'environnement. Chaque cheval est différent, et c'est justement cette singularité qui rend la relation si passionnante à construire.

L’osmose, la communication, la compréhension entre un cavalier et son cheval se construisent avec le temps, tout simplement. Ce sont des années passées ensemble, des heures de travail sur le plat, sur nos parcours de cross, à franchir des obstacles ou à partir en balade. Tout est une question de temps.

Le meilleur exemple que je puisse donner est celui de mon formidable cheval, JL Dublin. Deux ans avant les Jeux olympiques, il était déjà champion d’Europe sous la selle de Nicola Wilson. Pourtant, même s’il connaissait parfaitement toutes les subtilités du concours complet, il nous a fallu près d’un an et demi pour qu’il comprenne certains de mes codes. Chaque cavalier a sa propre sensibilité, ses propres repères et sa manière d’aborder les choses.

Je peux dire aujourd’hui que nous ne faisons plus qu’un. C’est une relation qui se forge avec le temps et à travers les compétitions. Cela ne se crée pas du jour au lendemain ; il n’y a ni recette miracle ni raccourci.

Cette année, Le Chameau a accompagné Tom McEwen lors d’une reconnaissance du parcours au Badminton Horse Trials. Suivez-nous tout au long de l’été pour découvrir d’autres grands rendez-vous équestres, alors que nous poursuivons notre partenariat avec le Cowdray Park Polo Club, dans le West Sussex.

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